Comment gĂ©rer la jalousie entre frĂšre et sƓur ? đŸ€Ż

par | Juil 27, 2022 | Parentalité | 0 commentaires

Cet article est écrit par Julie, coach en parentalité sur Noo Family.
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Portrait de Julie coach parental en ligne

Jalousie frĂšre soeur : la rivalitĂ© se crĂ©e le plus souvent suite Ă  des Ă©motions nĂ©gatives.FrĂšres et sƓurs peuvent selon les jours et les humeurs, ĂȘtre complices ou rivaux. Meilleurs amis, ou meilleurs ennemis !

Les conflits dans une fratrie naissent gĂ©nĂ©ralement suite Ă  des Ă©motions nĂ©gatives : jalousie, ou sentiment d’injustice. Mais plus que tout, ce sont les effets nocifs de la comparaison qui vont accentuer la rivalitĂ© entre vos enfants.

Certaines pĂ©riodes sont Ă©galement plus propices Ă  la jalousie et Ă  la colĂšre : l’arrivĂ©e d’un deuxiĂšme bĂ©bĂ©, devenir grand frĂšre, devenir grande soeur, peut accentuer une jalousie de l’ainĂ©, agressivitĂ©.

Bien que cela soit peu agrĂ©able Ă  lire ou Ă  entendre (et loin de moi l’idĂ©e de vous culpabiliser !), notre part de responsabilitĂ© en tant que parents est engagĂ©e. Il faut comprendre que la maniĂšre dont on va donner sa place Ă  chaque enfant, et lĂ©gitimer certains comportements et besoins plutĂŽt que d’autres, va jouer sur l’inter-relation de nos enfants.  

Si la jalousie et les disputes entre frÚres et soeurs sont toujours pénibles à vivre, elles sont souvent banalisées, comme un passage plus ou moins obligé.

Pourtant,
les causes des conflits entre frùre et soeur adultes trouvent souvent leur origine dans des blessures datant de l’enfance. 

Pour Ă©viter des consĂ©quences nĂ©gatives Ă  long terme sur l’équilibre de votre famille, (et accessoirement retrouver un climat plus serein 🙃), mieux vaut Ă©viter de laisser la jalousie entre frĂšre et soeur s’installer !

Alors, conflit entre frùre et soeur, que faire ? J’aime dire qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire 🙂

Je vous partage donc ici ce qui, à mon sens, constitue les 6 premiers points essentiels à cette restructuration de la relation frùres/sƓurs.

# Mon témoignage sur la jalousie frÚre-soeur en tant que mÚre et coach parental

 

Etre maman reprĂ©sente un avantage non nĂ©gligeable quand on exerce la profession de coach parental đŸ‘©â€đŸ‘§â€đŸ‘Š

Notamment pour comprendre rĂ©ellement les situations auxquelles sont confrontĂ©es les parents (c’est mieux 😉). Mais aussi pour mettre en pratique les mĂ©thodes Ă©ducatives que je transmet.

Mes filles ont 17 mois d’écart.
L’aĂźnĂ©e Ă  marchĂ© Ă  11 mois et demi et toutes ses premiĂšres fois furent faciles pour elle. Sa petite sƓur en revanche n’a marchĂ© qu’à 18 mois, car elle refusait de se mettre debout et demandait les bras en permanence.

En laissant ma grande dans l’autonomie puisqu’elle y arrivait trĂšs bien seule et semblait paisible, et en rĂ©pondant au besoin fusionnel de ma seconde, j’ai intensifiĂ© – sans le savoir – cette jalousie entre soeurs. Cela a donc commencĂ© trĂšs tĂŽt.

Et je ne me suis pas arrĂȘtĂ©e lĂ . Plus tard, au fur et Ă  mesure qu’elle grandissait, je disais Ă  ma plus jeune : «Regarde comment fait ta sƓur, c’est comme ça qu’il faut faire, prends exemple sur elle ! »

Ou alors je disais Ă  la plus grande : «Fais attention Ă  ta petite sƓur, elle est plus fragile que toi, c’est encore un bĂ©bĂ© !», «Regarde, ta sƓur a terminĂ© toute son assiette avant toi alors qu’elle est plus petite que toi», etc.

Jusqu’à ce que je prenne conscience de tout cela, il y a quelques annĂ©es, en me formant Ă  l’éducation positive, entre autres


Le risque avec la jalousie frĂšres /sƓurs, c’est que les blessures de l’enfance peuvent se rĂ©vĂ©ler difficiles Ă  surmonter Ă  l’ñge adulte. La plupart des adultes qui ont une relation frĂšre soeur difficile savent Ă  quel point il peut ĂȘtre compliquĂ© de reconstruire le lien.

Aujourd’hui, mes filles sont ado et prĂ©-ado.

Et bien qu’il subsiste encore par moment de fortes tensions entre elles (liĂ©es aussi Ă  leur stade de dĂ©veloppement personnel et physiologique), elles ont enfin de vrais moments de pure complicitĂ©, d’énormes fous rires, et peuvent compter l’une sur l’autre. 😍

Leur papa ne partage pas ma dynamique Ă©ducative pour le moment (je ne dĂ©sespĂšre pas 😊) et a tendance, inconsciemment, Ă  les comparer encore beaucoup. NĂ©anmoins, ce que j’instaure avec elles est vrai et durable


Attention, je n’y suis pas arrivĂ©e en un jour ! 

Je le reconnais, cela m’a demandĂ© une grande remise en question et un passage Ă  vide du type :
« Je suis vraiment trop nulle, je n’ai rien fait comme il fallait. A cause de moi, elles vont dĂ©velopper une mauvaise relation entre elles » 

Mais une fois ressaisie, j’ai appliquĂ© petit Ă  petit des outils simples et concrets qui ont menĂ© au rĂ©sultat que j’ai aujourd’hui.

1 | Chercher Ă  ĂȘtre juste plutĂŽt que l’égalitĂ© absolue

 

Nos enfants sont différents, ils ont donc des besoins différents. 

Donner systĂ©matiquement autant Ă  un enfant qu’à l’autre ne fait pas de vous un parent juste, bien au contraire. D’ailleurs si vous observez bien, en donnant la mĂȘme chose Ă  vos enfants, cela ne les empĂȘche pas de se manifester !

Oui mais ! Vous me direz que traiter les enfants diffĂ©remment mĂšne souvent Ă  des conflits. Alors comment ĂȘtre juste ?

Être juste signifie respecter les besoins spĂ©cifiques de chaque enfant.

Par exemple, ma grande peut se coucher plus tard, mais elle a aussi plus de responsabilitĂ©s ! Si lors des repas, l’un de vos enfants redemande des pĂątes et que l’autre manifeste qu’il en veut encore aussi, demandez-lui plutĂŽt s’ il a encore faim. Il termine d’abord ce qu’il a et ensuite, s’ il a toujours faim il sera resservi.

Vos enfants se sentiront entendus dans leur besoin et vous verront comme un parent plus juste.

Pour aller plus loin :

Je vous conseille ce livre sur la jalousie et rivalitĂ© entre frĂšres et soeurs : “FrĂšres /sƓurs sans rivalitĂ©â€ d’Isabelle Filliozat. (Un ouvrage qui ne rĂšgle pas tout, mais qui vous donnera quelques outils de comprĂ©hension).

Une autre ressource sur le sujet :
FrĂšres et soeurs sans rivalitĂ© d’Adele Faber et Elaine Mazlish.

 

2 | Comment Ă©viter les conflits entre frĂšre et sƓur ?
Se chamailler d’accord, mais on pose des limites !

 

C’est plus fort qu’eux ! On ne peut pas forcĂ©ment les empĂȘcher de se chamailler, mais on peut instaurer un cadre, expliquer les bases.

«Ok, vous avez le droit de ne pas ĂȘtre d’accord, mais la violence avec des mots ou des coups est interdite !». Suivi de : « J’ai confiance en vous pour trouver le moyen de vous parler avec respect ». 

Il est possible aussi de les sĂ©parer physiquement (en douceur), et de revenir sur le sujet une fois la colĂšre redescendue
. Et oui, preuve en est dans les relations humaines mĂȘme adultes, un conflit ne se rĂšgle jamais Ă  chaud !

 

3 | Relations frĂšres soeurs : on Ă©vite d’intervenir ? đŸ€”đŸ‘©â€đŸ‘§â€đŸ‘Š

 

Si on cherche un coupable ou qu’on prend parti, on crĂ©e un clan

Celui qui se sent coupable cherchera à se venger ou pourra se sentir stigmatisé !

La solution ? Rester factuel.

Comment ? En décrivant ce que vous voyez, sans juger ou analyser :

  • «Je vois deux enfants qui dĂ©passent les limites !»
  • «Je vois deux enfants qui se crient dessus»
  • «Je vois des enfants qui ont des gestes violents, est-ce qu’on a le droit d’ĂȘtre violent ?»

Évitez de coller des Ă©tiquettes :
«C’est toujours le mĂȘme qui commence», «Tu arrĂȘtes d’embĂȘter toujours ton frĂšre/ta sƓur» 


4 | Rivalité dans une fratrie :
à la poubelle les félicitations et autres récompenses !

 

  • «Si tu finis ton assiette, tu auras un dessert» 
  • «Si tu fais dans le pot, tu auras un bonbon» 
  • «Si tu manges avec ta fourchette, tu as un chocolat» 
  • «Le premier au lit a gagné»  

Les mettre en compétition donne du résultat à court terme, certes, mais à long terme, on les met surtout en concurrence !

5 | Jalousie frĂšre soeur : l’efficacitĂ© du renforcement positif 😊

 

Il s’agit d’encourager votre enfant à faire les choses bien. En le responsabilisant, vous renforcez son autonomie et sa confiance en lui. 

De cette façon, on appuie sur le positif, au lieu d’insister sur les manques et les aspects nĂ©gatifs.

Par exemple :
«J’ai confiance en toi pour te brosser les dents correctement», «Le premier qui est prĂȘt, aide les autres», «Je suis fier/e de toi, tu as bien compris la consigne», «J’ai besoin de toi pour m’aider Ă  instaurer les rĂšgles, voici tes consignes ».

Vous pouvez aussi instaurer une routine du matin, avec le dĂ©roulĂ© d’une matinĂ©e type. Idem pour le soir
 

Faites avec eux les premiers jours, puis laissez-les agir seuls, et cocher eux-mĂȘmes au fur et Ă  mesure ce qui est effectuĂ© (vous trouverez plein de modĂšles de routines sur Pinterest).

6 | CrĂ©er des moments d’exclusivitĂ© pour apaiser les disputes dans la fratrie

 

Faites un jeu ou une activitĂ© choisie par l’enfant, pendant un temps donnĂ©, en expliquant qu’ensuite, viendra le tour de son frĂšre ou sa sƓur. Expliquez qu’on respecte ce moment sans interruption de quiconque. 

Puis ensuite, au moment du coucher, partagez les «kifs du jour». 

Chacun son tour, on Ă©numĂšre les 3 moments prĂ©fĂ©rĂ©s de la journĂ©e, sans se couper la parole. VoilĂ  mes conseils de professionnelle, c’est une approche bien sĂ»r, et si vous n’essayez qu’une fois, vous n’aurez pas forcĂ©ment de rĂ©sultats
 

Par besoin de reproduire des scénarios « connus », tout le monde essaie inconsciemment de reproduire des scÚnes conflictuelles, pour que le cerveau valide ses croyances.

Chaque nouvelle habitude a besoin de 21 jours pour s’inscrire dans le cerveau. 

ALORS TENEZ BON ! NE LÂCHEZ RIEN, VOUS ALLEZ Y ARRIVER !

Moi, je crois en vous 😊

Vous souhaitez un accompagnement personnalisé ? Je suis là pour vous.

 

A trĂšs bientĂŽt

Julie.