La santé mentale des parents solos, un enjeu de santé publique

par | Oct 12, 2022 | Santé psy | 0 commentaires

Ce lundi 10 octobre 2022 à débuté la 33ème édition des SISM, ou Semaine d’Information sur la Santé Mentale. L’occasion pour Noo Family, plateforme spécialisée dans l’accompagnement des parents solos, de faire un focus sur les conséquences de la monoparentalité sur la santé mentale.

D’après les derniers chiffres de l’INSEE, aujourd’hui une famille sur 4 est monoparentale en France. Même si le modèle “traditionnel” de la famille nucléaire est toujours dominant, il a connu une baisse entre 2011 et 2020. Ce qui n’est pas le cas des familles dites “solos”, qui ont connu une hausse notable.

Si le veuvage constituait auparavant la principale cause de monoparentalité, l’explosion des divorces et séparations a participé à la forte augmentation de la parentalité en solo.

Celles et ceux qui le vivent le savent : être une maman solo, un papa solo représente un défi au quotidien. Faire peser sur les épaules d’un seul parent responsabilités éducatives et financières, concilier vie professionnelle, horaires scolaires, tâches ménagères, courses, devoirs, rendez-vous médicaux…C’est considérer que l’énergie, la résistance, la force mentale des parents solos sont sans limites. A tort, bien sûr.

Le risque ? L’épuisement, parfois jusqu’au burn-out parental. La situation concerne plus de 3 millions d’enfants. Il s’agit donc d’un véritable enjeu de santé publique !

Une réalité qu’institutions publiques et privées commencent (doucement) à considérer, et qu’il est urgent de mettre en avant. Dans le cadre d’une nécessaire prévention des risques psycho-sociaux pour les parents solos, il paraît essentiel que des actions de soutien adaptées se développent.

La réalité des familles monoparentales

Parent solo :
entre charge mentale démultipliée et isolement

Etre un parent solo, ce n’est pas seulement être un parent isolé au sens administratif du terme. L’allocation parent isolé octroyée par la Caf concerne en effet uniquement les familles dont l’autre parent ne participe pas du tout à l’entretien de l’enfant (veuvage, ou absence de reconnaissance par exemple).

Dans de nombreux cas, et notamment quand le parent a la garde exclusive de l’enfant, l’isolement est tout aussi effectif. Même si une pension alimentaire est versée, elle n’équilibre pas toujours la perte de revenus due à la séparation.

Le parent qui a la garde principale (dans 80% des cas, la mère), doit donc souvent faire face à une charge financière accrue.

Mais surtout, à en croire les multiples témoignages exprimés sur les groupes d’entraide pour parents solos, c’est la charge mentale, l’absence de temps pour soi, la multiplicité des tâches et des responsabilités qui pèse le plus au quotidien.

Et pour cause. En cas de garde principale, une maman solo ne pourra souffler, avoir un peu de répit dans son quotidien effréné, qu’un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. C’est peu, très peu, quand vous devez jongler seul entre les factures, les journées minutées, vos horaires de travail et ceux de la garderie…

Sans parler des jours enfants malades insuffisants, ou de l’absence de relais en cas de problèmes de santé du parent.

 

Aides insuffisantes et absence de relais

Des aides financières existent pour soutenir les parents solos, notamment en termes de frais de garde d’enfant. Mais les relais en termes d’organisation au quotidien sont selon les situations, ou faibles ou inexistants.

Idem en termes de soutien psychologique, ou de prise en compte de la situation de monoparentalité en milieu professionnel.

A ces carences s’ajoute la fragilité émotionnelle qu’entraine une séparation, et les éventuels conflits à gérer avec l’autre parent. Il apparaît également qu’une séparation peut créer un isolement social. Le parent solo doit donc aussi faire face, en plus de son quotidien surchargé, à la difficulté, de par ses contraintes, à pouvoir maintenir une vie sociale.

Compliqué également de prendre soin de sa santé mentale, quand on n’a plus de temps pour soi. D’autant que les familles solos ne savent pas forcément à qui s’adresser pour être aidées. Ou que l’injonction, accrue en cas de famille monoparentale, d’être “un bon parent”, culpabilise, et encourage plutôt à tenir, seul(e), coûte que coûte.

Mais à quel prix ?

Les conséquences de la monoparentalité sur la santé mentale

Burn-out parental : un risque accru pour les parents solos

D’après l’OMS, “la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.”

Un état parfois difficile à atteindre quand on subit chaque jour une pression quasi-constante. L’excés de stress peut ainsi avoir des conséquences certaines sur la santé et la santé mentale. Ces conséquences pourront conduire à ce qui est nommé “burn-out” parental, ou épuisement maternel.

Des études ont confirmé que le risque de burn-out parental, une forme de dépression, était augmenté chez les parents qui élèvent seuls leur enfant.

Une étude menée par des chercheurs de l’université américaine de Harvard auprès de 25000 femmes, parue en 2015 dans le Journal of Epidemiology & Community Health, a confirmé que le stress provoqué par la monoparentalité augmentait non seulement le risque de maladies cardio-vasculaires, mais aussi de troubles de la santé mentale.

Ce stress induit par la monoparentalité est multifactoriel :

  • précarité
  • isolement
  • absence de temps pour soi
  • épuisement
  • charge mentale
  • absence de relais en terme d’organisation et de soutien psychologique

La psychanalyste Liliane Holstein, auteur de l’ouvrage “Le burn-out parental”, confirme les résultats de cette étude. Dans sa pratique quotidienne, elle a pu constater que les cas de burn-out parental qui touchent les mamans solos ont explosé.

 “Pour moi, ce sont les héroïnes du 21e siècle. Elles n’ont aucun relai et sont 24h/24 sur le pont. Elles doivent assurer sur le plan professionnel et ne peuvent compter sur personne : ni les grands-parents qui ne vivent pas forcément à côté ni les baby-sitters qui constituent une dépense trop coûteuse“.

Paradoxalement, elles ne sont pas forcément celles qui consultent le plus. Elles sont en burn-out mais ne l’expriment pas. Pour la simple raison qu’elles n’ont pas le choix. Elles ne disent rien. Certaines pourront le somatiser en développant des pathologies graves qu’elles passeront sous silence“.

Une enquête flash menée par l’UDAF auprès de 250 parents solos va dans le même sens. Ainsi, 9 parents solos sur 10 déclarent qu’élever son enfant seul a un impact sur leur état de santé.

 

Noo Family, pensé par et pour les parents solos : proposer une aide concrète

Co-fondée par Marina, une maman solo, la plateforme Noo Family se veut un acteur clé dans l’accompagnement global des parents solos au quotidien.

Le site propose ainsi des consultations en visio 6j/7 de 7h à 23h avec des experts de la monoparentalité (75 % d’entre eux sont, ou ont été parents solos !).

Une solution qui prend en compte tous les aspects du quotidien d’un parent solo :

Un soutien bienvenu face à la carence d’offres de soutien réel et concret pour les familles monoparentales.

D’autres entreprises semblent prendre conscience de l’enjeu en question, par exemple en signant la charte de la monoparentalité. Certaines vont plus loin dans leurs actions de soutien aux parents solos. Ainsi la plateforme Uber s’est associée dernièrement à Noo Family, pour offrir des sessions d’accompagnement à ses salariés fragilisés.

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